Paris : La tour Triangle doit être dessinée, figurée et défendue

L’analyse « La tour Triangle dans le vent des polémiques » (Le Monde du 2 novembre) dénonce un conservatisme parisien qui empêcherait tout projet nouveau et ne souhaiterait que l’haussmannisation de Paris. Cette mise à la toise généralisée serait néfaste par la volonté de niveler tout ce qui dépasserait. En dehors de quelques grandes compositions qui se réfèrent à la Seine, et en particulier celle du Champ de Mars et de Chaillot, comme celle qui va de l’Assemblée Nationale à la Madeleine, en croisant place de la Concorde l’axe historique de Paris, ce sont bien les quartiers à l’architecture et à l’urbanisme non homogènes, en forme et en hauteur, qui sont les plus agréables à vivre, les plus pittoresques, les plus parisiens au sens touristique du terme : le quartier latin, le boboland qui va de la Bastille au Canal Saint-Martin, les pentes de Montmartre, d’autres encore.

Dans la topographie parisienne, ce ne sont pas les émergences qui posent problème, mais les perspectives ou cônes de vue qu’elles impactent. La Tour Eiffel, parce qu’elle n’est pas une masse mais une résille qui accepte l’axialité du Champs de Mars s’est imposée en dépit des pétitions des protestataires, fussent-ils célèbres, dénonçant cette colonne de tôle boulonnée. Beaubourg, Marseillaise exécutée par un orchestre pop, a la même évidence d’implantation et de structure avec en outre l’invention d’une place creuse et d’une chenille d’escalators qui en signe le logo.

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